Jean Faury

Les débuts de la fête nationale du 14 juillet  à Castres
(1880-1914)

Cahier n°35 de la Société culturelle du Pays Castrais de 27 pages 21 x 29,7 cm, illustratré en noir et blanc et couleurs, couverture couleur. ISBN13 978-2-904401-65.7 - Prix : 8 €

C’est en 1880, au lendemain de l’instauration de la Troisième République, que la fête nationale française est fixée au 14 juillet, cette date se substituant au 15 août, en vigueur sous le Second Empire.
À Castres comme dans beaucoup d’autres villes, cette fête est difficilement acceptée par la frange de la population la plus conservatrice. Les milieux monarchistes et cléricaux craignent en particulier que cette célébration soit plus « républicaine » que « nationale ». Le choix de la date les indigne : la prise de la Bastille est un événement sanglant, comme à leurs yeux toute la Révolution française, qu’ils exècrent. Pendant une dizaine d’années l’organisation des festivités connaît des hauts et des bas, au gré de la tendance des municipalités en place et du bon vouloir de la hiérarchie militaire locale. Progressivement, les réticences vis-à-vis de la République s’étant estompées, la fête nationale du 14 juillet s’impose, devenant avant tout une fête populaire, avec sa revue des troupes, ses jeux, son bal et son feu d’artifice.
À partir de 1912, avec la montée du sentiment patriotique et le militantisme retrouvé de l’Église catholique, l’idée d’une célébration de la fête de Jeanne d’Arc, béatifiée depuis 1909, fait cependant son chemin. L’érection à Castres d’une statue de la bienheureuse, inaugurée en avril 1914, est suivie d’une grande cérémonie en mai. La mise en avant de ce nouveau culte par la droite nationaliste et catholique met en émoi les républicains qui craignent de voir supplantée la fête nationale du 14 juillet. L’entrée en guerre fera passer au second plan leurs préoccupations.